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SO9 agence de conception web à Marseille

Une solution vraiment adaptée aux TPE/PME

Mettez à jour votre site web facilement sans connaissances techniques

Nos sites sont conçus pour que vous puissiez mettre votre contenu en toute liberté et en toute simplicité.

Pas de menus compliqués ou de connaissances pointues en informatique. Juste quelques connaissances en bureautique et traitement de texte vous suffiront pour mettre vos informations capitales pour votre activité : actualités, informations, nouveaux produits, ... en y associant textes, photos, fichiers PDF et vidéos.

Notre longue expérience en référencement et en positionnement sur les moteurs de recherche nous a permis de mettre au point une plateforme automatisée hyper simplifiée pour la gestion du contenu de votre site Web (CMS).

Sur le marché du site web où l’on trouve toutes sortes d’offres, nous avons depuis toujours gardé notre cap : faire en sorte que votre site soit facile à utiliser et à mettre à jour et surtout qu’il soit vu par le maximum d'internautes.

Notre outil vous permettra de faire vivre votre site suivant vos envies et le placer ainsi devant vos compétiteurs grâce au contenu que vous y mettrez régulièrement et cela tout naturellement.

N'oublions pas que dès le départ, il est primordial de mettre en ligne un site web optimisé pour le référencement naturel avec une vraie stratégie de visibilité.

Nos résultats sont visibles dès les 3 premiers mois et nous le garantissons.

Notre solution est ainsi adaptée aux TPE et PME qui souhaitent communiquer et acquérir de nouveaux prospects avec de simples connaissances en bureautique pour un investissement modique

Pour nos sites vitrine, nous avons développé T9Blog, une plateforme ultra-simplifiée permettant une prise en main rapide aux non-initiés du web. Cette plateforme vous permettra de modifier très aisément le contenu de votre site via un éditeur très puissant.

Cette plateforme T9Blog développé en PHP est le résultat de plus de 20 ans d'expérience auprès des commerçants et TPE.

T9Blog propose une gestion simplifiée de la gestion de vos pages web et vous permet d'avoir un site web vivant et toujours actualisé grâce à la possibilité d'ajouter à volonté de l'information concernant votre activité : nouveaux produits, nouvelles prestations, référence client, etc...

Vos guides seront votre imagination et votre désir de communiquer auprès des internautes.

T9Blog permet d'avoir un site web codé de façon professionnelle, léger et propre ce qui favorise l'analyse des moteurs de recherche et fait gagner quelques points précieux dans le positionnement des résultats.

Tous nos sites possèdent une interface optimisée qui s'adapte automatiquement à la taille de l'écran de l'internaute (on parle de Responsive design) et intègre le protocole sécurisé https.

Tous nos sites sont protégés par le logiciel anti-piratage T9Protect.

Toutes manipulation suspecte ou indésirable provenant d'un robot ou d'un humain est stoppée net.

Seules les activités licites, à savoir les robots d'indexation et les internautes, sont autorisée à surfer sur nos sites.

Un rapport d'activité est à la disposition du gestionnaire totalisant les connexions licites et les tentatives d'intrusions non souhaitées.

Nos sites ne contiennent aucun cookies !

Si vous en avez assez comme nous de tomber sur des sites web vous interdisant l'entrée sans avoir accepter au préalable les cookies, choisissez de faire le vôtre sans aucun cookie. Oui c'est possible ! Y compris pour les boutons des réseaux sociaux...

Ainsi vous serez en règle avec le RGPD sans ennuyer vos clients et prospects internautes.











Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

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La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

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La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

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Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

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La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

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Le Corbeau et le Renard

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La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

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La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur ; Disant : Regardez bien, ma sœur, Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ? Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ? Vous n’en approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ; Tout petit Prince a des Ambassadeurs : Tout Marquis veut avoir des Pages

Les deux Mulets

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé : L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le Mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein, et l’arrête. Le Mulet en se défendant, Se sent percer de coups, il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ? Ce Mulet qui me suit, du danger se retire, Et moi j’y tombe, et je péris. Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi. Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

Les fables de la Fontaine


La Cigale et la Fourmi

La cigale ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d'animal, Intérêt et principal. La Fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut. Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise, Eh bien! dansez maintenant.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois. À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans dou